Le fer et la ferritine
- 4 juil.
- 6 min de lecture
Article de micronutrition

Comprendre l’équilibre essentiel...
Description :
Le métabolisme du fer est souvent mal compris.
On parle beaucoup de carence en fer, mais on évoque beaucoup moins l’excès de fer, pourtant fréquent dans nos sociétés modernes.
Or un taux de ferritine trop élevé — qui reflète les réserves de fer dans l’organisme — peut être plus problématique qu’une carence, car le corps dispose de très peu de mécanismes pour éliminer le fer en excès.
En naturopathie, en nutrithérapie et en médecine fonctionnelle, l’objectif n’est donc pas d’avoir le plus de fer possible, mais comme toujours : un équilibre optimal.
Des concentrations élevées de fer dans l’organisme peuvent favoriser une toxicité cellulaire importante, notamment par l’augmentation du stress oxydatif.
Plusieurs études ont observé une association entre une ferritine élevée et un risque accru de :
maladies neurodégénératives
cancer colorectal
Une fonction pancréatique insuffisante peut également favoriser une surcharge du sang en fer.
Rôle du fer dans l’organisme
Le fer est un oligo-élément indispensable au fonctionnement de l’organisme. Il intervient dans de nombreuses fonctions biologiques essentielles.
Il contribue notamment à :
transporter l’oxygène via l’hémoglobine
produire de l’énergie cellulaire (ATP). Une carence en fer diminue la respiration mitochondriale, tandis qu'un excès peut détruire les mitochondries en provoquant un stress oxydatif.
former les globules rouges
soutenir le système immunitaire
participer à la synthèse de neurotransmetteurs
soutenir le fonctionnement du système nerveux central
contribuer à la fonction thyroïdienne
Un déséquilibre du métabolisme du fer — carence ou excès — peut donc entraîner de nombreux symptômes.
Les signes fréquents d’un manque de fer
Une ferritine trop basse peut se manifester par différents symptômes.
Parmi les plus fréquents :
Chute de cheveux : les follicules capillaires sont très sensibles au manque d’oxygénation.
Fatigue persistante : le manque d’hémoglobine diminue l’apport d’oxygène aux cellules.
Baisse de motivation ou humeur dépressive : le fer participe à la synthèse de plusieurs neurotransmetteurs impliqués dans l’humeur.
Syndrome des jambes sans repos : très souvent associé à une ferritine trop basse.
Ongles cassants ou striés : peau sèche et terne
Immunité affaiblie : infections ou maladies à répétition.
Pâleur : signe classique d’anémie ferriprive.
Signes d’hypothyroïdie fonctionnelle :
Par exemple :
frilosité
fatigue chronique
prise de poids
Causes fréquentes d’une carence en fer
Plusieurs facteurs peuvent expliquer une carence en fer :
règles abondantes
grossesse
alimentation pauvre en fer biodisponible
troubles digestifs
malabsorption intestinale
En médecine fonctionnelle, on rappelle aussi que la santé digestive joue un rôle majeur dans l’absorption du fer.
La ferritine élevée : un problème souvent sous-estimé
La ferritine est une protéine qui stocke le fer dans l’organisme. Elle reflète donc les réserves de fer du corps.
Valeurs usuelles (ordre de grandeur)
Femmes : 15 à 200 µg/L
Hommes : 30 à 300 µg/L
Cependant, en micronutrition, les valeurs optimales sont souvent considérées plus basses (voir ci-dessous).
Une ferritine trop élevée est le reflet d’une absorption excessive de fer dans l’intestin.
Dès que la ferritine atteint 280-300 µg/L, il y a précipitation du fer dans :
Le pancréas : pancréatite,
Le foie : risque de cirrhose,
Le cerveau : risque de Parkinson,
Les articulations : douleurs articulaires.
Pour baisser la ferritine : acide R alpha lipoïque 2 x/J., réduire la viande rouge combinée au vin rouge.
Signes possibles d’une ferritine élevée
Un excès de fer peut se manifester par :
fatigue chronique
douleurs articulaires
troubles digestifs
troubles hormonaux
problèmes hépatiques
teint grisâtre ou malaise diffus
Dans certains cas, cette accumulation de fer peut être liée à l’hémochromatose, une maladie génétique provoquant une surcharge progressive en fer dans les organes.
Signes possibles d’une ferritine basse
Une ferritine effondrée, à 11 par exemple, amène dans 100% des cas une dysbiose intestinale (attention au gluten).
Une ferritine basse peut être à l’origine de :
une fatigue persistante,
une dépression éventuelle,
une susceptibilité aux infections,
une baisse de l’immunité,
une mauvaise qualité des phanères (ongles cassants, incurvés, perte de cheveux),
une perte de mémoire par non synthèse de dopamine et noradrénaline cérébrale,
une pâleur,
une dépapillation et brûlures de la langue,
un syndrome des jambes sans repos,
une hypothyroïdie,
une candidose,
un herpès récurrent.
C’est une carence très fréquente en cas de malabsorption intestinale : porosité intestinale.
Les conséquences possibles d’un excès de fer
Un excès de fer favorise la formation de radicaux libres, ce qui augmente le stress oxydatif et l’inflammation.
À long terme, cela peut contribuer au développement de :
maladies du foie
troubles métaboliques
Le problème est que l’organisme élimine très difficilement le fer excédentaire.
Biologie fonctionnelle du fer
En médecine fonctionnelle, l’évaluation du statut en fer repose sur plusieurs marqueurs complémentaires.
Les principaux paramètres
Fer sérique
valeurs usuelles : 60 à 120 µg/dL
valeur optimale : +/- 100 µg/dL (oxygénation des muscles)
Il reflète le fer circulant dans le sang. Peu fiable seul, il varie beaucoup selon la journée et l'alimentation.
Ferritine
Réserves de fer de l’organisme.
Valeurs optimales :
femme : 60 à 70 µg/L
homme : 70 à 80 µg/L
Le dosage de la ferritine est le marqueur le plus spécifique et le plus fiable pour détecter une carence en fer (réserve épuisée).
Saturation de la transferrine
valeur optimale : 30 à 45 %
déficit possible en dessous de 25 %
CRP (protéine C-réactive)
Indispensable pour interpréter correctement la ferritine.
La ferritine est en effet un marqueur d’inflammation.
Lors d’un état inflammatoire :
la ferritine peut augmenter
le fer sérique peut diminuer
Dans ce cas, le bilan du fer devient difficile à interpréter.
Alimentation et absorption du fer
L’absorption du fer dépend fortement de l’alimentation.
Aliments qui augmentent l’absorption du fer
vitamine C (agrumes, kiwi, poivron, persil)
fermentation alimentaire
viande et poisson
acides organiques (citron, vinaigre de cidre)
Aliments qui diminuent l’absorption du fer
Certains composés alimentaires limitent naturellement l’absorption du fer :
Boire du thé ou du café pendant un repas riche en fer peut donc réduire son assimilation.
Solutions naturelles pour réguler le fer
Lorsque la ferritine est trop élevée, certaines stratégies nutritionnelles peuvent être utiles.
Adapter l’alimentation
Limiter les aliments très riches en fer héminique :
viande rouge
boudin noir
abats
certains fruits de mer (palourdes, moules, huîtres)
Réduire l’absorption du fer
Certains aliments peuvent limiter son absorption :
thé
calcium
acide R alpha lipoïque
Autres pistes nutritionnelles
Certaines substances chélatrices peuvent contribuer à réguler le métabolisme du fer :
thé vert
curcuma
fibres végétales
aliments riches en phytates
lactoferrine : agissant aussi bien en cas de carence (en favorisant l'absorption) qu'en cas de surcharge (en séquestrant le fer libre)
Les erreurs fréquentes avec la supplémentation en fer
La supplémentation en fer est fréquente, mais elle est parfois mal utilisée.
Se supplémenter sans bilan sanguin
Prendre du fer sans connaître son statut réel peut être problématique.
Interdiction de se supplémenter en fer avec une ferritine trop haute !
C'est un bilan de type inflammatoire aigu ou chronique. La ferritine est un marqueur inflammatoire. Pour rappel, on peut l’utiliser pour évaluer une inflammation.
Interpréter la ferritine seule
Une ferritine élevée peut simplement refléter :
une inflammation
une infection
Négliger les causes digestives
Une carence en fer est souvent liée à :
Dans ces cas, corriger la santé digestive est essentiel.
Négliger les cofacteurs
Le métabolisme du fer dépend aussi de plusieurs nutriments :
vitamine A
vitamines B
Le saviez-vous ?
Le fer est un élément paradoxal : il est indispensable à la vie, mais peut devenir toxique en excès.
Contrairement à de nombreux nutriments, le corps humain possède très peu de mécanismes pour éliminer le fer. L’évolution a privilégié sa conservation car les carences étaient fréquentes dans l’environnement ancestral.
Dans les sociétés modernes, où l’alimentation est souvent riche en produits animaux et en aliments enrichis, la surcharge en fer devient plus fréquente, notamment chez les hommes après l’andropause et chez les femmes après la ménopause.
Le fer est essentiel à la production de testostérone. Il soutient les mécanismes biologiques qui permettent aux testicules de fonctionner correctement.
Conclusion
Les troubles liés au fer peuvent évoluer dans deux directions opposées :
Carence en fer
pâleur
immunité affaiblie
Excès de fer
fatigue chronique
risque métabolique et cardiovasculaire
L’approche la plus pertinente consiste donc à :
réaliser un bilan sanguin complet
analyser les différents marqueurs du métabolisme du fer
identifier la cause du déséquilibre
adapter l’alimentation et l’hygiène de vie
L’objectif n’est pas d’avoir le plus de fer possible, mais un équilibre physiologique optimal.
Citations :
« Le fer est indispensable à la vie, mais en excès il devient un puissant facteur de stress oxydatif et de vieillissement cellulaire. L’objectif n’est pas d’en avoir beaucoup, mais d’en avoir juste assez. » - Dr. Georges Mouton
« Le fer est probablement l’un des nutriments les plus ambivalents : indispensable au transport de l’oxygène, mais aussi capable d’amplifier fortement la production de radicaux libres lorsqu’il est présent en excès. » - Dr. Jean‑Paul Curtay
« L’excès de fer dans l’organisme constitue un puissant facteur d’oxydation et peut contribuer au développement de nombreuses maladies dégénératives. » - Dr. Jean Seignalet
« Une consommation excessive de viande rouge, riche en fer héminique, favorise les phénomènes d’oxydation dans l’intestin et augmente le risque de cancer colorectal. » - Pr. Henri Joyeux




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