Le café
- 18 mai 2020
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 24 janv.
Article naturo-hygiéniste

Le café : stimulant, faux ami ou allié santé ?
Lecture naturopathique et éclairage scientifique récent
Longtemps mentionné dans les ouvrages de santé naturelle comme une substance délétère, le café continue de diviser. Stimulant puissant du système nerveux, il procure une sensation rapide de tonus… souvent confondue avec un véritable apport d’énergie. Or, en naturopathie, cette distinction est fondamentale.
Une stimulation, pas une énergie
Le café agit principalement par une décharge d’adrénaline et de cortisol, mobilisant les glandes surrénales et le système nerveux sympathique. Cette réaction de stress augmente transitoirement la vigilance, la fréquence cardiaque et la pression artérielle.
Il s’agit d’un emprunt énergétique, non d’une création d’énergie.
À long terme, cette stimulation répétée peut conduire à :
une fatigue surrénalienne fonctionnelle,
une hyperexcitabilité nerveuse,
une baisse de la capacité d’adaptation au stress.
En langage naturopathique, le café est qualifié d’overtonien : toute stimulation excessive entraîne, par effet de rétroaction, un épuisement proportionnel.
Effets digestifs : un frein à l’assimilation
Consommé après un repas, le café peut :
ouvrir prématurément le pylore,
laisser passer dans l’intestin grêle des aliments insuffisamment digérés,
perturber les sécrétions gastriques et enzymatiques.
Résultat : fermentation, ballonnements, inflammation digestive chronique et moins bonne assimilation des nutriments, un point clé en médecine fonctionnelle.
Le café et le thé peuvent également irriter les muqueuses gastriques et intestinales, en particulier chez les terrains sensibles (stress, hyperacidité, dysbiose).
Café, purines et terrain acide
La teneur en purines du café reste modérée (≈ 5 mg/100 g), bien inférieure à celle de certains aliments carnés.
Cependant, rappelons que le produit final du métabolisme des purines est l’acide urique, dont l’excès favorise :
les douleurs inflammatoires,
les maladies dites cristalloïdales,
l’acidification du terrain.
En naturopathie, l’acidose chronique est associée à une déminéralisation progressive (calcium, magnésium), notamment lorsque l’alimentation et l’hygiène de vie ne compensent pas.
La caféine : impacts neuro-hormonaux
Une tasse de café filtre (250 ml) contient en moyenne 150 à 175 mg de caféine.
Effets connus :
blocage de l’adénosine (messager du sommeil),
allongement du temps d’endormissement,
diminution de la qualité du sommeil profond,
réduction de la libération nocturne de testostérone et d’hormone de croissance.
Sur le plan hormonal, la caféine stimule :
l’insuline,
le cortisol,
au détriment des hormones favorisant la régénération et la minceur (thyroïdiennes, GH).
Chez certaines personnes, cela peut contribuer à une prise de poids, à une résistance à l’insuline et à un dérèglement métabolique.
Dépendance, neurotransmetteurs et sevrage
Comme d’autres substances psychoactives, la caféine augmente la libération de dopamine dans les circuits du plaisir, favorisant la dépendance.
L’arrêt brutal entraîne fréquemment :
fatigue intense,
maux de tête,
irritabilité,
baisse marquée de la vigilance,
généralement 24 à 48 h après l’arrêt, avec un sevrage de plusieurs jours.
Micronutrition : pertes et interférences
La caféine peut :
diminuer l’absorption du fer, du zinc et du calcium,
augmenter les pertes urinaires de magnésium,
altérer certaines vitamines du groupe B, notamment :
B1 (système nerveux, digestion),
B5 (surrénales, stress, cortisol).
Un point essentiel chez les personnes déjà carencées ou très stressées.
Torréfaction : molécules de Maillard et HAP
La torréfaction du café génère :
des molécules de Maillard (produits de glycation avancée),
des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), dont le benzopyrène.
Ces composés sont reconnus pour leur potentiel pro-inflammatoire et cancérogène, surtout en cas de consommation excessive et régulière.
Ce que disent les études médicales récentes
Les données scientifiques récentes nuancent toutefois le discours.
Les grandes études observationnelles montrent qu’une consommation modérée (1 à 3 tasses/jour) de café :
est associée à une diminution du risque cardiovasculaire,
réduit le risque de diabète de type 2 (hors caféine isolée),
est corrélée à une baisse de la mortalité globale,
possède des effets antioxydants (polyphénols, acide chlorogénique),
réduction du déclin cognitif et de démence,
Ces bénéfices semblent liés :
à la qualité du café,
au mode de préparation,
au terrain individuel,
et davantage aux composés non caféinés qu’à la caféine elle-même (polyphénols, antioxydants).
Une étude a trouvé que des buveurs « modérés » de café ont montré un ralentissement du déclin des performances cognitives sur près de 9 ans, comparé à des non-consommateurs.
A contrario, une consommation excessive (+ de 5 tasses/jour) peut être associée à :
un risque accru de démence dans certaines études,
une réduction du volume cérébral chez certains participants.
En naturopathie : une question de terrain
Comme le rappelait le naturopathe hygiéniste André Passebecq :
« Le café est un chélateur : il retient dans ses pinces les nutriments nécessaires à notre bonne santé et empêche leur passage à travers la barrière intestinale. »
En approche globale, le café n’est ni totalement “poison”, ni totalement “sain”. Il devient problématique :
Conclusion :
Le café peut avoir des effets bénéfiques chez certains individus, consommé avec modération, de bonne qualité, et sur un terrain équilibré.
Il reste toutefois un stimulant non physiologique, potentiellement dévitalisant à long terme lorsqu’il est consommé quotidiennement pour “tenir”.
La vraie énergie vitale ne se stimule pas : elle se construit par le sommeil, l’alimentation physiologique, la gestion du stress et la qualité des mitochondries.
À lire également : La loi n°17 de l’excitation – les lois naturelles qui régissent notre santé.

Citations :
« L’intoxication alcoolique, tabagique, caféique, théophylinique, théobrominique crée des microlésions des endothéliums vasculaires. Sur ces microlésions s’agglutinent plaquettes, sédiments, minéraux, cholestérol, métabolites ou catabolites divers « bâtisseurs » d’athérome. » - Robert Masson
« Lors de la prise d’un excitant, ce qui est ressenti comme apport de force est en réalité une réaction de défense de l’organisme. » - Christopher Vasey
« Le café est un psychotrope qui a été tellement banalisé, tellement généralisé, qu’il n’est même pas considéré comme un psychotrope. » - Marielsa Salsilli, journaliste




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