La prise de repas
- Malo

- 18 mai 2020
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 3 jours
Article nutrition

Chrononutrition, jeûne intermittent et physiologie du vivant
Au-delà des idées reçues…
Pourquoi le petit-déjeuner classique fatigue plus qu’il ne nourrit ?
En nutrition, on confond encore trop souvent manger et se nourrir. Or nourrir une cellule n’a rien à voir avec remplir un estomac.
Notre physiologie obéit à des rythmes biologiques précis : rythmes hormonaux, enzymatiques, mitochondriaux et digestifs. La chrononutrition et la médecine fonctionnelle nous rappellent une chose simple : le moment où l’on mange est aussi important que ce que l’on mange.
Le petit-déjeuner moderne : une aberration biologique
Pain, céréales, jus d’orange, confiture, viennoiseries, café sucré… Ce petit-déjeuner occidental est une bombe glycémique.
Il provoque :
une montée rapide de glucose,
une sécrétion massive d’insuline,
un effondrement énergétique 2 à 3 heures plus tard (hypoglycémie réactionnelle),
une fatigue des mitochondries,
une inflammation de bas grade,
Les cellules sont noyées de sucre mais privées de nutriments. On est repu, mais biologiquement affamé.
Ce type de repas inhibe :
la lipolyse (brûlage des graisses),
l’autophagie,
la détoxification hépatique,
la production hormonale.

Le matin est fait pour éliminer, pas pour digérer
Entre 04h00 et midi, le corps est dans sa phase d’élimination :
foie,
reins,
intestins,
Manger tôt coupe ce processus. Digérer consomme jusqu’à 50 % de notre énergie nerveuse et métabolique.
C’est pourquoi beaucoup de gens se sentent mieux en sautant le petit-déjeuner : ce n’est pas un manque, c’est un retour à la physiologie.
Boire de l’eau, une tisane douce, ou un bouillon permet d’hydrater, d’éliminer et de soutenir le foie sans casser le jeûne métabolique.
Le jeûne intermittent : une loi du vivant
Restreindre la fenêtre alimentaire à 6–8 heures par jour (par exemple 12h–19h ou 07h-15h) permet :
une baisse de l’insuline,
l’activation des sirtuines (enzymes anti-âge),
la stimulation de l’hormone de croissance,
une meilleure sensibilité à la leptine (hormone qui régule l'appétit et le poids),
un nettoyage cellulaire profond (autophagie).
On ne mange pas moins. On mange au bon moment. Mais il est impératif de ne pas grignoter entre les repas.
Chrononutrition : pourquoi le matin doit être gras et protéiné
Si l’on choisit de manger le matin (sportif, travailleur de force, frileux, terrain hypothyroïdien, fatigue surrénalienne), il doit être à l’opposé du petit-déjeuner sucré !
Le matin, le cerveau et la thyroïde ont besoin de :
L-tyrosine → précurseur de la dopamine, noradrénaline et hormones thyroïdiennes,
acides gras → membranes neuronales, énergie mitochondriale,
protéines → neurotransmetteurs, enzymes, hormones.
Un petit-déjeuner physiologique, quand il est pris, est donc :
œufs, poissons, viande, avocat,
huile d’olive, beurre cru, oléagineux,
légumes,
éventuellement un peu de fruits.
Et si l’on ne mange pas le matin ?
Pour ceux qui pratiquent le jeûne intermittent ou n’ont pas faim :
eau,
tisane,
éventuellement L-tyrosine en complément si fatigue mentale, troubles de l'humeur ou hypothyroïdie.
Le corps utilise alors les graisses, les cétones et recycle ses déchets.
L’ordre des aliments change tout
Commencer un repas par :
peut réduire de 50 à 75 % le pic glycémique post-prandial.
C’est un outil majeur contre :
le diabète,
l’inflammation,
le stockage des graisses.
Le repas du soir : à alléger… ou à supprimer (jeûne intermittent)
La nuit est une phase de :
réparation,
sécrétion d’hormone de croissance,
nettoyage cérébral (glymphatique).
Un dîner lourd bloque tout cela.
Idéalement :
Moins on mange le soir, mieux on dort, mieux on répare, plus on brûle.
L’instinct n’est pas un ennemi
Un enfant qui ne mange pas le matin ne se met pas en danger. Il obéit à sa physiologie.
Le corps ne cherche pas la destruction, mais l’équilibre (homéostasie). La vraie faim est un signal biologique, pas une horloge sociale…
En résumé :
Mieux vaut compter les heures que les calories.
La santé métabolique repose sur :
une fenêtre alimentaire courte (6-10 heures),
un matin sans sucre,
un apport protéino-lipidique adapté et mesuré,
Un arrêt du grignotage,
une nuit sans digestion laborieuse.
La nature ne se trompe pas. C’est notre modernité qui l’a oubliée.
Citations :
« Les forces dépensées pour la digestion augmentent avec la quantité d’aliments consommés. La suralimentation conduit inévitablement à une fatigue générale de l’organisme. » - Christopher Vasey
« Le petit déjeuner à la française de croissant confiture est une abomination source d’une dégénérescence d’une civilisation ou d’une population. […] Le jeune intermittent est un atout fondamental pour la santé intestinale. » - Dr. Georges Mouton
« Le jeune intermittent peut potentiellement prévenir, contrôler et soigner les maladies métaboliques chez les humains. » - Pr. Satchin Panda
« La dopamine est produite le matin à partir de son principal précurseur, un acide aminé appelé L-tyrosine, que l’on trouve dans de nombreuses sources de protéines. En apportant de la L-tyrosine dès le petit-déjeuner, vous allez donc favoriser votre production de dopamine, sous réserve que l’insuline ne monte pas trop. Prendre un petit-déjeuner protéiné s’impose donc, mais cela ne suffit pas : si vous consommez du sucre ou tout autre aliment à index glycémique élevé en plus des protéines, la hausse de l’insuline qui va en découler, fera obstacle à la production de dopamine. C’est pourquoi le petit déjeuner idéal doit être protéiné, non sucré et, plus précisément encore à charge glycémique basse ou modérée. » - Florence Pinheiro Ortolan
« Que ton aliment soit ta seule médecine ! » - Hippocrate
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