Les poisons overtoniens
- 18 mai 2020
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Dernière mise à jour : 2 févr.
Article naturo-hygiéniste

Découverts au début du XXᵉ siècle par le physiologiste et professeur de pharmacologie suédois Charles Ernest Overton, les poisons overtoniens sont régulièrement évoqués dans la littérature de santé naturelle et de naturopathie.
Leur particularité majeure réside dans leur double solubilité :
hydrophile (soluble dans l’eau),
lipophile (soluble dans les graisses).
Cette caractéristique les rend particulièrement dangereux, car elle leur permet de traverser toutes les membranes biologiques et de se diffuser dans l’ensemble des tissus de l’organisme.
Un impact cellulaire et neurologique majeur
Les poisons overtoniens peuvent s’infiltrer profondément dans l’organisme et altérer les membranes cellulaires, entraînant à terme leur dysfonctionnement, voire leur destruction.
Les organes les plus exposés sont :
le foie (détoxication),
les reins (élimination),
le système nerveux, en particulier les neurones.
Cette toxicité cellulaire est associée à de nombreuses pathologies fonctionnelles et dégénératives, notamment :
Les poisons overtoniens participent également à la dysbiose intestinale, en favorisant une flore pathologique et un terrain inflammatoire chronique.

Principales substances overtoniennes
Parmi les substances les plus fréquemment rencontrées dans notre quotidien, on retrouve :
le cacao (théobromine),
le café, le thé, le maté, le cola (caféine),
l’alcool,
la nicotine,
la cocaïne,
le glutamate monosodique,
le chloroforme, l’éther,
la morphine.
Toutes ces substances induisent, après ingestion, une réaction acidifiante, favorisant l’acidose métabolique, terrain propice à l’inflammation, à la fatigue chronique et à la dégénérescence cellulaire.
Stimulants, sommeil et hypoglycémie
Les stimulants tels que la caféine, le chocolat, l’alcool ou encore le coca sont de puissants inhibiteurs du sommeil. Ils perturbent les rythmes circadiens, épuisent le système nerveux et entravent les mécanismes naturels de récupération.
Le café, la cigarette et l’alcool sont également des causes majeures d’hypoglycémie réactionnelle :
élévation rapide de la glycémie,
hypersécrétion d’insuline par le pancréas,
chute excessive du taux de sucre sanguin.
Ce mécanisme fragilise le métabolisme glucidique et fatigue durablement le pancréas.
Par ailleurs, ces substances sont pauvres en minéraux, acidifiantes et responsables d’une déminéralisation progressive (calcium, magnésium), notamment au niveau osseux. L’acidose nuit également à la biodisponibilité de certaines vitamines, en particulier celles du complexe B, essentielles au bon fonctionnement du système nerveux.
Cette combinaison — carences minérales, déficit vitaminique et acidose — conduit à un déséquilibre endocrinien et diminue la capacité de l’organisme à s’adapter au stress.
Focus sur l’alcool : un poison systémique
L’alcool est à la fois un neurotoxique, un dépresseur du système nerveux central et un toxique hépatique majeur. Consommé en dehors des repas, il atteint rapidement le foie, où sa forte concentration entraîne la souffrance puis la destruction des cellules hépatiques.
Une méta-analyse publiée en mai 2024 a mis en évidence qu’une consommation globale d’alcool est associée à :
une diminution significative de la testostérone totale et libre,
une baisse de la SHBG (globuline liant les hormones sexuelles),
une augmentation de l’œstradiol.
Chez l’homme, la consommation chronique d’alcool peut ainsi provoquer une gynécomastie, par déficit androgénique et excès d’œstrogènes.
Déshydratation, carences et maladies chroniques
Les boissons alcoolisées :
déshydratent,
déminéralisent,
dévitaminisent,
épuisent l’organisme.
Elles augmentent significativement le risque de maladies chroniques. Les troubles du sommeil sont fréquents, avec sueurs nocturnes, cauchemars et réveils précoces.
D’un point de vue de santé globale, hommes et femmes ne devraient pas dépasser deux verres par jour et dix verres par semaine, le choix le plus protecteur restant l’abstinence, en particulier lorsque la santé est déjà fragilisée.
Altérations métaboliques induites par l’alcool
L’alcool perturbe l’activité des enzymes digestives et le métabolisme de nombreux micronutriments essentiels :
vitamines A, B, C, D, E, K,
minéraux : calcium, chlore, fer, magnésium, manganèse, phosphore, zinc,
acides gras essentiels oméga-3 et oméga-6.
Il ne détruit pas uniquement le foie et le système nerveux, mais affecte également le pancréas, pouvant conduire à une pancréatite aiguë, dont il est responsable dans près de 70 % des cas.
L’alcool est impliqué dans plus de 200 pathologies, dont de nombreux cancers, et serait responsable de plus de 3 millions de décès par an dans le monde, dont environ 800.000 en Europe. En tant que stimulant, il épuise profondément les glandes surrénales.
Intestin, cerveau et mémoire
La consommation d’alcool favorise l’ouverture des jonctions serrées intestinales, entraînant une hyperperméabilité intestinale ("leaky gut"), à l’origine de nombreuses pathologies inflammatoires, auto-immunes et neuropsychiques.
Sur le plan cognitif, une consommation excessive altère principalement la mémoire à court terme, mais peut également affecter la mémoire à long terme. Si cette consommation perdure, elle peut conduire à une démence alcoolique, avec dégradation progressive des capacités intellectuelles et mnésiques.
Le saviez-vous ?
Charles Ernest Overton n’a jamais parlé de « poisons overtoniens » au sens toxique du terme.
Au début du XXᵉ siècle, ses travaux visaient avant tout à comprendre comment certaines substances traversent les membranes cellulaires. Il a ainsi observé que plus une molécule est liposoluble, plus elle pénètre facilement dans les cellules, en particulier les neurones riches en lipides. Ce principe, connu aujourd’hui sous le nom de loi d’Overton, est toujours utilisé en pharmacologie moderne pour concevoir des médicaments capables d’atteindre le cerveau.
En naturopathie, cette loi a été reprise pour illustrer pourquoi certaines substances du quotidien — bien que socialement banalisées — peuvent devenir problématiques à long terme lorsqu’elles sont consommées de façon répétée, particulièrement sur un terrain fragilisé.
En naturopathie et en micronutrition, la réduction — voire l’élimination — des poisons overtoniens fait partie intégrante d’une stratégie de prévention, de régénération cellulaire et de soutien durable des systèmes nerveux, digestif et hormonal.
Citations :
« Au-delà d’une certaine dose, l’alcool entraîne des destructions multiples liées à la fois à la toxicité de l’éthanol et de ses dérivés comme l’acétaldéhyde et aux altérations qu’il provoque sur les vitamines B1, B2, B6, B9, la vitamine C, la vitamine E, la vitamine A, le magnésium, le zinc, le sélénium, les acides gras polyinsaturés et le glutathion. » - Dr. Jean-Paul Curtay
« On ne peut pas parler de niveau de consommation d’alcool « sans danger ». Quelle que soit la quantité d'alcool ingérée, le risque pour la santé du buveur est présent dès la première goutte de n’importe quelle boisson alcoolisée. La seule chose que nous puissions affirmer avec certitude est que plus l’on boit, plus c’est nocif. En d’autres termes, que moins on boit, moins on court de risques. » - Dr. Carina Ferreira-Borges
« Toutes nos maladies ne sont que les conséquences de nos habitudes de vie. » - Hippocrate




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